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31.01.2008
on fête la musique
Vous allez deviner, c'est simple comme bonjour, ce qu'il composait.
"Voilà, il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaine;Il sait très bien ce qu'il a fait, il n'y a pas de forme à proprement parler, pas de développement ni de modulation, juste du rythme et de l'arrangement.Bref, c'est une chose qui s'autodétruit, une partition sans musique, un suicide dont l'arme est le seul élargissement du son.Phrase ressassée, chose sans espoir et dont on ne peut rien attendre, un morceau dont la chorégraphie, la lumière et le décor feront supporter les redites; c'est seulement fait pour être dansé."
Jean Echenoz [Ravel]
je ne vous ferai pas l'injure de vous donner la réponse.
Vous avez gagné le droit de revenir sur mon blog.
AME91 PS, c'est Schubert qui est à l'honneur pendant 3 jours ,c'est beaucoup de bonheur, tout çà
11:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2008
Food for thought
"I swear I see what is better than to tell the best. It is always to leave the best untold"
Walt Whitman [Leaves of grass]
Un peu d'anglais de temps en temps...C'est si joli, l'original.
AME 91
14:22 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.01.2008
l'Asie, autrement.
"Les religions hindoues ne dégagent pas la faiblesse de l'homme mais sa force......La joie dans la maitrise, la prise de possession, la rafle assurée dans la masse divine....Une sorte de cupidité, de férocité spirituelle, qui crachait, victorieuse à la figure du malheur et des démons inférieurs.
L'Indien ne court jamais ni dans la rue ni sa pensée dans son cerveau; il ne brûle pas les étapes; il n'est jamais elliptique, il n'est pas pressé, il raisonne ses sentiments, sa pensée est un trajet, tout du même pas.
Jamais je n'ai vu en Inde, jamais,une jeune femme tout à fait belle.Elles courent vite sur le chemin de la vieillesse et elles ont malgré leur modestie quelque chose de vaincu."
Henri Michaux [ Un barbare en Asie ]
Ces quelques lignes pour vous dire de ne pas passer à côté de ce livre
AME91
22:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.01.2008
On s'habitue.... oui.....hélas
"Marta demanda à Isaura si ce travail lui convenait et celle-ci lui répondit que oui, ce travail lui convenait.On s'habitue, dit-elle......
Oui, nous entendons souvent dire ou nous disons nous-mêmes, on s'habitue. Nous le disons ou on nous le dit avec une sérénité qui parait authentique, car, réellement,il n'y a pas ou alors on ne l'a pas encore découverte d'autre façon de montrer dignement sa résignation et ce que personne ne demande , c'est à quel prix on s'habitue."
José Saramago [La caverne]
09:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12.01.2008
Il y a le passé, l'égaré, le manqué
"J'ai une mémoire exceptionnelle pour le langage et les mots. En disant cela, je ne suis pas fier, je ne me compare pas à d'autres. C'est plutôt une direction ou un terrain, comme un athlète aura prédilection pour l'effort rapide ou l'endurance. Une conversation de deux heures, je m'assieds, j'ouvre un cahier, je la reconstitue. Des gens, je me souviens de la silhouette, de la voix et je peux me souvenir de n'importe quelle lettre ou texte envoyé. Mais les visages....Quelles vies portons nous, de trop d'inaccompli et de ce qui fut manqué ou d'égaré ou de ce que nous n'avons voulu dire?
Nous-mêmes, un instant, chacun devant sa fenêtre, on le savait bien: une foule dans notre dos. Des respirations dans l'ombre; des présences derrière notre épaule. Avec vous, d'autres regardaient la même fenêtre. On porte avec soi trop d'ombres. Les ombres s'approchent. Qu'on soit silencieux, immobiles, encore elles approchent. Il y a le passé, l'égaré, le manqué."
"On vit avec sa tête, bien trop avec sa tête, je ne sais pas si c'est bien. Sans doute non. On devrait avoir le culot d'autre chose.
Est- ce que je dis çà pour que tu l'entendes, ou le contraire,: est-ce que je dis çà pour n'avoir pas osé le dire? Combien sommes-nous ainsi flottants et fragiles, que la peur enserre ou tient et livrés sans que rien ne nous rapproche que des mots? Je parle, je parle, l'acteur à celle qui doit l'entendre et si tout cela parce que rien, ne rien savoir,ce que tu savais, ce que tu devinais, ce que tu risquais, et si le théatre n'avait que cela de fonction, de tout ouvrir sans répondre, comme la ville et toute la nuit ce soir là furent pour toi en un instant ouvertes, l'envie de toi et que je ne t'ai pas rejointe."
FRANCOIS BON [ Tumulte ]
13:51 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.01.2008
Les premières années
"Cette aptitude à passer sous silence des évènements que pourtant je ressentais assez vivement pour ne jamais les oublier,est un des traits qui me frappent le plus quand je me remémore mes premières années. Le monde qu'on m'enseignait se disposait harmonieusement autour de coordonnées fixes et de catégories tranchées. Les notions neutres en avaient été bannies: pas de milieu entre le traitre et le héros; tout fruit non comestible était vénéneux; on m'assurait que "j'aimais" tous les membres de ma famille, y compris les grand-tantes les plus disgraciées.Dès mes premiers balbutiements, mon expérience démentit cet essentialisme. Le blanc n'était que rarement tout à fait blanc, la noirceur du mal se dérobait; Je n'apercevais que des grisailles. Seulement,dès que j'essayais d'en saisir les nuances indécises, il fallait me servir de mots et je me trouvais rejetée dans l'univers des concepts aux dures arêtes. Ce que j'éprouvais pour de bon devait rentrer tant bien que mal dans ces cadres."
SIMONE de BEAUVOIR [Mémoires d'une jeune fille rangée]
10:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.01.2008
Un moment de grâce.
"Elle était le point lumineux où l'ensemble des choses convergeait"
"Il jalousa celui qui avait inventé ces choses dont elle paraissait occupée"
GUSTAVE FLAUBERT [L'éducation sentimentale]
17:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.01.2008
La maison du retour
Jean Paul Kauffmann décrit avec un humour délicieux comment il lui a fallu se reconstruire; comprenant qu'il lui était impossible de reprendre la vie "comme avant", il a décidé de bâtir une nouvelle existence, loin de tout, en reconstruisant une vieille demeure landaise ;vous verrez combien il a tenu à respecter le patrimoine , vous y apprendrez par l'intermédiaire d'artisans et de voisins, le parler local.Vous y verrez ses déboires dans la restauration de la maison; vous verrez ses proches revenir vers lui et les bons moments partagés à nouveau entre amis; vous comprendrez le pourquoi de ce coup de foudre singulier et vous admirerez l'épouse remarquable qui a su faire preuve de la discrètion nécessaire après une épreuve aussi effroyable.
Un moment infiniment agréable de lecture
AME91
21:57 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.01.2008
L'été avant la nuit [Doris Lessing]
Vous n'aurez que quelques miettes, qui, je l'espère vous donneront envie de lire
"En vérité,elle constatait avec un embarras croissant que non seulement elle tirait d'une penderie ses affirmations et une bonne partie de ses pensées pour les enfiler à la va-vite, mais aussi que ses sentiments véritables étaient tout à fait autres."
"Une femme convenablement vêtue pour une après-midi familiale retraversa la pelouse , mais avec soin pour ne pas salir ses chaussures. De son propre choix, elle aurait marché nu-pieds..porté quelque chose comme une gandoura, un sari, un sarong avec les cheveux défaits sur les épaules.Elle ne laissait pas épanouir son aspect physique, car elle avait observé, dès la première adolescence des enfants comme ils détestaient lui voir donner libre cours à sa vraie nature."
"Ce n'était pas la maison qui leur manquerait mais le jardin aussi ravissant que peut l'être un jardin anglais après vingt ans de dévotion.Il ne semblait pas que l'homme l'eût conçu mais qu'il eût de son propre gré choisi de pousser en gerbes de lis, en tonnelles de roses et en touffes de hautes herbes. Le vent y soufflait tendrement, il n'y avait pas une miette de terre que kate n'eût le sentiment de connaitre personnellement, d'avoir crée avec bien sûr l'aide des vers et de la gelée."
21:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.01.2008
En ce mois de janvier
"Le merveilleux d'une maison n'est point qu'elle vous abrite ou vous réchauffe, ni qu'on en possède les murs mais bien qu'elle ait déposé en nous ces provisions de douceur, qu'elle forme dans le fond du coeur ce massif obscur dont naissent comme les eaux de source, les songes."
Saint-Exupéry [ Terre des hommes ]
21:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


