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05/11/2008

Deux cents ans en arrière

"Une femme de vingt-six ans, dit Marianne après un moment de réflexion, ne peut jamais espérer ressentir, ni inspirer encore un tendre sentiment; et, si sa maison est inconfortable ou sa fortune trop mince, je suppose qu'il lui faut se résigner à prendre un emploi de nurse pour s'assurer une existence convenable. S'il épousait une telle femme , cela n'aurait rien de choquant. Ce serait un mariage de convenance et le monde serait satisfait. A mes yeux, ce ne serait pas un mariage du tout, ce ne serait rien. Cela m'apparait seulement comme un échange commercial, dans lequel chacun cherche son avantage aux dépens de l'autre.

-Il serait impossible, je le sais, répliqua Elinor, de vous persuader qu'une femme de vingt-six ans peut éprouver pour un homme de trente-cinq ans un sentiment assez voisin de l'amour pour désirer en faire son compagnon. Mais il me faut protester contre votre prétention de confiner le colonel Brandon et sa femme dans une chambre de malade, pour la simple raison qu'il s'est plaint par hasard , hier, (où le temps était froid et humide) de ressentir une légère douleur  de rhumatisme à l'épaule.

Mais il parlait de gilet de flanelle, dit Marianne, et, pour moi, l'idée d'un gilet de flanelle est invariablement liée aux douleurs, crampes, rhumatismes et autres maux qui affligent les personnes faibles et âgées."

Jane Austen   [ Raison et sentiments ]

17:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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