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18/08/2009

Balzac

"Un des personnages les plus semblables aux Dieux, dans Balzac, est Leon Didas y Lora, dit Léon de Lora, dit Mistigris; qui naquit de gentilshommes catalans, décavés; qui vint tôt à Paris pour apprendre le métier de peinture; qui aima la peinture mais préféra l'argent, si bien, que quand il avait dans sa palette et son esprit de quoi être l'égal de son ami Bridau, c'est à dire Delacroix, il fit interminablement des paysages académiques dont les bourgeois ne s'emparaient que sous réserve d'en recouvrir la surface de pièces d'or; qui, sans doute davantage encore qu'à gagner de l'argent, se plût à démontrer dans sa propre personne que les arts sont une imposture, un air du temps; qui sutout avait le don de calembourdiser les proverbes,.....de traverser toute la comédie humaine sans dire d'autres paroles notables que ces calembours; à qui l'on doit: il est heureux comme un coq en plâtre, les bons comtes ont les bons habits, il est triste comme un âne en plaine, on ne trousse jamais ce qu'on cherche, il est connu comme le houblon.A qui l'on doit surtout un nonsense métaphysique vertigineux, où un Chronos arlequin bondit dans le texte: le temps est un grand maigre.

Mademoiselle Goujet, dans "une ténébreuse affaire": Elle est entièrement bonne et gaie. Elle avait eu quarante ans de très bonne heure; mais elle se rattrapait, disait-elle, en s'y tenant depuis vingt ans. Ainsi, écrit-on une vie ; la douce et bonne chair, l'ignoble étreinte du grand maigre sur cette chair et le sourire tout de même de la chair."

PIERRE  MICHON    [Trois auteurs ]

12:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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