02.09.2009
Enfin, n'en parlez pas.
"Rien ne pèse tant qu'un secret:
Le porter loin est difficile aux Dames:
Et je sais même sur ce fait
Bon nombre d'hommes qui sont femmes.
Pour éprouver la sienne, un mari s'écria
La nuit étant près d'elle: O Dieux, qu'est-ce cela?
Je n'en puis plus, on me déchire;
Quoi, j'accouche d'un oeuf! D'un oeuf? Oui, le voilà
Frais et nouveau pondu. Gardez bien de le dire.
On m'appellerait poule. Enfin, n'en parlez pas....
L'épouse indiscrète et peu fine,
Sort du lit quand le jour fut à peine levé;
et de courir chez sa voisine
Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé;
n'en dites rien surtout car vous me feriez battre
Mon mari vient de pondre un oeuf gros comme quatre
Au nom de Dieu, gerdez vous bien d'aller publier ce mystère
Vous moquez vous, dit l'autre, Ah, vous ne savez guère quelle je suis
Allez, ne craignez rien
L'autre grille déjà de conter la nouvelle
elle va la répandre en plus de dix endroits
Au lieu d'un oeuf, elle en dit trois
Coome le nombre d'oeufs, grâce à la renommée
De bouche en bouche allait croissant,
Avant la fin de la journée,
Ils se montaient à plus d'un cent."
LA FONTAINE [Fables]
11:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



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Commentaires
Autre temps, autre moeurs ?
Aujourd'hui, le jean serait traité de phallocrate (ça ne se dit plus, tu as remarqué ?) et les homos se retourneraient contre lui pour dire que, eux aussi... enfin je fabule, la...:°))
Ecrit par : PdB | 03.09.2009
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