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28/11/2009

Comme on ferait chez des gens

"Dès le premier soir, donc, j'avais pris ce dédale qui s'ouvrait en face du corridor côté hotel, sur l'avenue en pente par laquelle on pouvait échapper aux buildings et descendre vers le fleuve. Derrière le grand hall rectangulaire, on retrouvait ces stands encore et encore pour manger pas cher, un libanais dont les assiettes indiquaient mal la provenance des ingrédients, des sandwicheries-pâtisseries. Puis les boutiques, et la première: des robots ménagers, des cafetières miracle, de l'électronique bon marché, lecteurs musicaux, calculatrices, souris magiques. Peut-être qu'on pourrait écrire l'histoire industrielle récente en inventoriant tout ce qui y fut rêvé et puis manqué, via ce qu'on retrouve ainsi bradé dans les gares.

Qu'on continue encore, une bifurcation vers la gauche rejoignait l'autre bloc, celui que surmontait la patinoire. En partant sur la droite, même si l'escalator ne payait pas de mine, on traversait littéralement le hall d'un dépositaire de meubles. Alors tous ces gens qui marchaient pressés vers leur travail, on les apercevait comme traversant votre propre chambre à coucher: des mannequins de démonstration préparaient les lits pour la nuit, étaient assis aux bureaux avec faux ordinateurs, une femme modèle s'affairait sur des légumes en plastique dans la fausse cuisine sans cloison. Le lendemain, à rester quelques minutes ici dans un coin, je découvrais qu'effectivement les conversations baissaient d'un ton, comme on ferait chez des gens. Qui venait ici acheter son canapé, et comment alors l'en extraire? Seulement, c'est vrai, ils n'étaient pas chers, vraiment pas chers, les canapés transformables trois places en faux cuir.

FRANCOIS  BON     [ L'incendie du Hilton ]

 

13:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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