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09/01/2010

Amour des postillons

"Longtemps, je cherche à obtenir cet effet qu'à mes yeux cet acteur produit volontairement: lâcher à chaque phrase une telle bordée de postillons que le jet mousseux ainsi dessiné dans l'espace, surtout lorsqu'il se découpe dans la lumière d'un projecteur,  donne aux mots de théatre une forme visible, la preuve de leur particulière substance, attestant du même coup l'engagement total, organique, dionysiaque, de l'artiste. Je ne comprends pas que n'y réponde pas davantage le partenaire, si généreusement et systématiquement aspergé, parfois touché en plein visage. Une salve non moins copieuse, bien cadrée donnerait à leur dialogue une plus puissante réciprocité...

J'aime naïvement les postillons, sécrétion normale, légitime, obligatoire, qu'un comédien de théatre se doit de produire, de même qu'un footballeur ne peut jouer un match sans transpirer." Eh bien, oui, j'avoue, voilà, j'aime çà, c'est comme çà" Tant pis, tant mieux, si c'est un peu sale et si cela me fait cracher; ainsi, je me distingue un tant soit peu de mon frêre."

DENIS   PODALYDES     [Voix off ]

 

A mon sens, il est , actuellement celui qui utilise le mieux les mots des autres et fait réellement vivre leurs voix.      AME

14:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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