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31/07/2010

Les anglais

Un des secrets de leur puissance est dans la bonne entente qui règne entre eux. Est-ce un effet de l'étroitesse de leur pays ou de l'orgueil et des liens de race? Toujours est-il qu'ils se tiennent tous et ont confiance les uns dans les autres.

Leur esprit se laisse imprégner comme la laine, d'une teinture qui dure plus que l'étoffe. Ils tiennent à leur cause plus étroitement qu'à la vie....En Angleterre noble et pauvre parlent la même langue; les mots que le vulgaire entend le mieux sont aussi les meilleurs mots de la langue; dès que le discours s'élève jusqu'à la pensée ou à la passion, la langue devient en même temps idiomatique.c'est une grande intelligence pratique, qui n'est pas la propriété exclusive de quelques géants, mais qui est répandue partout de telle sorte que chacun pourra prendre la place de tous et la communauté de caractère les unit plus que ne les divise l'intelligence ou le rang. Le travailleur pourrait être Lord et le Lord pourrait être vannier.

 

L'anglais est de tous les hommes celui qui a la plus belle assurance en lui-même.La furie de vie qui de déploie autour de vous finit par vous impressionner, et vous vous dites: ce n'est certes pas un pays pour les timides; cette vigueur se manifeste dans la façon dont ils vont chacun son chemin, sans se soucier des autres en les ignorant superbement. Chacun marche, mange, boit, se rase, et d'une façon générale agit sans s'occuper des spectateurs, et en fait à sa tête, attentif seulement à ne pas se méler des affaires des autres et à ne pas les importuner.Chacun dans cette contrée si polie ne consulte que sa propre convenance, tout comme les pionniers des solitudes du Wisconsin. L'anglais se promènera par une pluie battante en balançant son parapluie fermé à la main comme une canne, ou il se couvrira d'une perruque, d'un châle ou d'une selle ou marchera sur les mains sans éveiller la moindre remarque; et comme il y a des générations qu'il agit ainsi, l'habitude lui en est entrée dans le sang. En un mot, chacun de ces insulaires est en lui-même une ile, sûre, calme, incommunicable; jamais ils ne trahissent la moindre émotion déplacée, la moindre curiosité; vous jureriez qu'ils sont sourds."

RALPH  WALDO  EMERSON  [ Anatomie des anglais ]

14:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

23/07/2010

Partir pour Varsovie

"Un jour chez moi, on se mit d'un seul coup à parler de partir pour Varsovie.

Plus tard, je me retrouvai avec mes parents, ma soeur et mon plus jeune frêre dans le petit train qui allait de Radzymin à Varsovie. par la fenêtre du wagon, je voyais des arbres, des maisons, des gens qui allaient à reculons; Une charrette tirée par un cheval avait des roues qui roulaient à l'envers; des vaches broutaient et des chevaux se donnaient des coups de tête dans un pré.Il se passait des choses que je ne comprenais pas.

Après avoir quitté le train, nous grimpâmes dans un droshky qui nous fit traverser le pont de Praga jusqu'à Varsovie. Un large fleuve où se reflétait le ciel coulait en dessous de nous. Sur le pont aux rambardes en métal tordu, se précipitaient des trolleys et des omnibus. On aurait dit qu'il y avait toujours le feu à Varsovie parce que des gens couraient partout en criant. C'était comme un jour de fête sans fin.Il était impossible de continuer à poser des questions parce que j'étais trop stupéfait de ce que je voyais. Après avoir traversé de beaux quartiers, nous arrivâmes rue Krochmalna."

ISAAC BASHEVIS SINGER     [Au tribunal de mon père]

16:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

16/07/2010

Une intense convulsion de vie et de mort

"J'avais déjà voyagé à trevers les forêts tropicales de Cuba et des Indes et souvent admiré leur luxuriance, fascinante et sinistre à la fois. mais les forêts de l'Ouganda, pour ce qui est de la magnificence, de la profusion d'une vie remarquable, plantes, oiseaux, insectes, reptiles , animaux, de l'échelle immense et de l'horrible fécondité des processus naturels en cours, ont éclipsé et même effacé toutes mes impresssions antérieures; on devient ici, non sans une secrète sensation de répulsion,le spectateur d'une intense convulsion de vie et de mort. la reproduction et la décomposition s'étreignent dans une lutte infinie. Dans cet étincelant taudis équatorial, des arbres immenses se poussent les uns les autres pour leur espace vital; des plantes plus petites s'étirent vers les sommets comme à l'agonie, vers la lumière du jour et la vie; le sol explose sous la pression d'une végétation irrépressible. Chaque vainqueur piétinant la moisissure de ses ennemis exterminés, croît uniquement pour rencontrer une autre série de rivaux dans les airs, pour être chargé de feuillages parasites, étouffé sous les fleurs glorieuses des plantes grimpantes, attaché, enchevétré et immobilisé et dans les noeuds des lianes interminables. les oiseaux sont aussi brillants que des papillons; les papillons sont aussi grands que des oiseaux; l'air bourdonne de toutes sortes de créatures volantes; tout le sol rampe autour de vos pieds; le fil du télégraphe court vers le nord, à travers ce labyrinthe végétal. Même ses poteaux ont commencé à bourgeonner!"

WINSTON  CHURCHILL    [Mon voyage en Afrique]      1907