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31/10/2010

Le petit théatre de Moscou

"C'est Orel qui a tiré, et dans la même seconde, la façade d'un bâtiment, cinquante mètres plus loin, vomit, à l'impact, un geyser horizontal de débris, de fumée, dans lequel passe, comme un mouvement de cape, une grande pièce de tissus clair, tenture, rideau, couvre-lit. Les morceaux n'ont pas fini de retomber que les fantassins se sont précipités dans l'édifice crevé. D'autres accroupis contre le mur d'en face, leurs armes braquées vers la façade, guettent. Un bouillon de feu jaillit d'une fenêtre, devient un nuage d'encre, qui stagne au droit du sol. L'infanterie nettoie les appartements au lance-flammes. On repart.

Ilya embraie trop brusquement. Le moteur cale. Ivan donne du front contre la coupole mais son casque amortit le choc. Il ne s'explique pas que çà ait fait ce bruit assourdissant. Lorsqu'il peut à nouveau regarder devant, il découvre que le "Petit Théatre de Moscou" s'est transformé en volcan. La tourelle arrachée est retombée à dix mètres et une furieuse flamme rouge s'élève, à la verticale, jusqu'à hauteur des toits -les gargousses qui brûlent. "Orel" est immobilisé un peu plus loin, intact, apparemment, quoique le souffle ait dû le secouer, avec ses occupants. Ivan, les yeux sur la colonne de feu, répète: "Mon Dieu, mon Dieu." Il devrait donner l'ordre au conducteur de venir se placer près d'"Orel" et répète: "mon Dieu."

PIERRE  BERGOUNIOUX   [ Le baiser de sorcière ]

13:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Et à propos de ce beau livre du cher homme de la Corrèze et de l'Yvette réunies, hier je suis tombée sur : http://humanite.fr/17_11_2010-pierre-bergounioux-coup-double-457981

Écrit par : L'employée aux écritures | 25/11/2010

oui, je ne suis pas étonnée de l'intêret que porte J.C Lebrun à ce superbe texte
A.M

Écrit par : Anne-Marie Emery | 25/11/2010

j'ai oublié de dire que selon moi, le passage essentiel du baiser de sorcière est celui, où ces jeunes disent qu'ils ne laisseront jamais qui que ce soit qui n'a pas bougé de son bureau faire le récit de ce qu'ils n'ont pas vécu et çà , c'est du Faulkner

Écrit par : Anne-Marie Emery | 25/11/2010

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