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23/01/2014

Avec le temps

"Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

On oublie le visage et l'on oublie la voix

Le coeur quand çà bat plus c'est pas la peine d'aller

Chercher plus loin faut laisser faire et c'est très bien

Avec le temps

Avec le temps va tout s'en va

L'autre qu'on adorait qu'on cherchait sous la pluie

L'autre qu'on devinait au détour d'un regard

Entre les mots entre les lignes et sous le fard

D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit

Avec le temps tout s'évanouit

 

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

Mêm' les plus chouett's souv'nirs çà t'a un' de ces gueules

A la Gal'rie j'Farfouille dans les rayons d'la mort

Le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule

Avec le temps

Avec le temps va tout s'en va

L'autre à qui l'on croyait pour un rhume pour un rien

L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux

L'autre pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous

Devant quoi l'on trainait comme trainent les chiens

Avec le temps va tout va bien

 

Avec le temps va tout s'en va

On oublie les passions et l'on oublie les voix

Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens

Ne rentre pas trop tard surtout ne prends pas froid

Avec le temps

Avec le temps va tout s'en va

Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu

Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard

Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard

Et l'on se sent floué par les années perdues

 

Alors vraiment

Avec le temps on n'aime plus "

 

LEO FERRE      [ Les chants de la fureur ]

 

14:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4)

14/01/2014

visionner la bande en accéléré

" Soucieux de ne pas rompre l'entente harmonieuse établie par la police de proximité du secteur avec la communauté gitane située de l'autre côté du périphérique, le policier avait dépêché illico presto l'officier de nuit et un collègue à Ikéa, en compagnie de la victime,  afin de visionner les bandes que les caméras de surveillance avaient enregistrées dans la journée. Ils allaient le retrouver, ce foutu fakir indien qui venait semer la zizanie dans leurs minorités et il rendrait ce qu'il avait volé au taxi jusqu'au dernier centime d'euro.

Voilà comment Gustave Palourde, la commandant de police Alexandra Lafève et le gardien de la paix Stéphane Demarbre se retrouvèrent en pleine nuit dans l'exigu poste de sécurité du magasin à regarder un indien fraichement débarqué de son pays qui passait vingt bonnes minutes à admirer les portes automatiques qui donnaient sur le vestibule,avant de se décider à entrer.

-S'il fait çà à chaque porte, on est là jusqu'à demain soir, dit le vigile aux commandes de l'enregistreur.

-Il n'y a plus aucune porte après, rectifia le directeur.

-On pourra toujours visionner la bande en accéléré, ajouta la commandant Lafève, certaine qu'avec une telle proposition, elle ne passerait pas pour une conne, chose dont elle avait horreur, comme son nom ne l'indiquait pas.

-ça risque de ressembler à Benny Hill, s'exclama le taxi dont les seules références culturelles se limitaient au monde télévisuel.

-Taisez-vous et laissez-nous travailler!, coupa froidement Demarbre qui avait toujours un peu de mal à le rester , de marbre.

L'indien errait dans les couloirs, On le vit manger au restaurant accompagné d'une belle blonde qui l'avait bousculé dans la queue et lui avait cassé ses lunettes de soleil.

-Elle va passer à la casserole, observa Gustave, habitué à regarder les épisodes de Secret Story dans sa caravane; on passa le repas en accéléré puis on remit le tout à vitesse normale lorsque l'indien se glissa , contre toute attente sous un lit.

-Birlkeland, excellent choix, c'est notre lit vedette, dit Julio Sympa, le directeur; on vit ensuite le voleur sortir de sa cachette, se préparer un petit plateau en cuisine,  et le déguster en regardant un téléviseur en plastique désespérément vide.Il lut ensuite un journal, affalé sur le sofa, en chaussettes, il n'aurait pas fait mieux s'il avait été chez lui....

On vit alors l'indien sauter à cloche-pied et se cacher dans une armoire métallique bleue avant que les techniciens ne commencent à l'emballer dans du papier bulle puis dans un carton....

-Qu'avez-vous fait de cette armoire?

-L'armoire qu'on voit dans la séquence? bafouilla l'homme qui se décomposait à vue d'oeil.

-Oui, l'armoire qu'on ne voit justement plus dans cette séquence.

-Expédiée.

-Expédiée?

-Oui, envoyée, transférée.

-Mais où l'avez-vous envoyée?

L'homme se mordit la lèvre supérieure.

-Au Royaume-Uni."

 

ROMAIN  PUERTOLAS    [L'extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa.]

18:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)