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14/02/2014

Camille Claudel à Henriette de Vertus (automne 1913)

"Ma chère Henriette,

Vous avez sans doute déjà entendu parler de mes aventures funambulesques et de ce qui s'en est suivi; Pour terminer, j'ai été enlevée par un cyclone, moi et mon atelier, mais par un singulier effet de la tornade, mes plâtras ont filé directement dans la poche de Rodin et consorts, tandis que mon infortunée personne s'est trouvée transportée délicatement dans un enclos grillagé en compagnie de plusieurs aliénés.

Je fais mon possible pour figurer honorablement dans cette aimable corporation: je n'y fais pas trop mauvaise figure! Si vous voulez constater par vous-même ce qu'il en est, vous n'avez qu'à prendre le métro jusqu'à St Mandé puis le tramway de St Mandé à Ville-Evrard, maison spéciale de santé. Je vous attends derrière la grille. N'oubliez pas de m'apporter une livre de chocolat Menier, je vous la rendrai avec beaucoup de choses que je vous dois déjà... Pauvre Henri, s'il était là, il ne manquerait pas de venir voir sa cousine. Jeanne et Marguerite doivent être devenues de grandes jeunes filles, je voudrais bien les voir ainsi que Jean. Venez donc tous en famille par ce bel automne, cela vous fera une belle promenade.

Votre regrettée?

Camille "

CAMILLE  CLAUDEL     [ Correspondance ]

14:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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