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15/10/2011

Les derniers décideurs de guérison

"Tel ce cas singulier observé par un témoin digne de foi en la personne d'un médecin de Bourg St Maurice, sous le règne de Louis XVIII:

Un maréchal-ferrant qui n'était pas doué d'un esprit très brillant était fréquemment insulté par un jeune étourdi toutes les fois que celui-ci passait devant la forge. Un jour, le jeune homme railla le maréchal, qui, indigné, sortit subitement de sa forge ayant en main un fer rougi au feu, l'enfonça avec force dans le derrière du jeune polisson. Le fer pénétra et traversa de derrière en devant.. Le blessé eut d'abord une soif ardente, des sueurs froides, un pouls intermittent et faible et éprouva de grandes douleurs dans le bas-ventre. le malade n'avait point encore rendu d'urine vingt- quatre heures après sa blessure. La plaie de donnait ni sang ni pourriture. On lui donnait des lavements avec de la térébenthine, on employait des huiles et des émulsions. Un régime sévère de jardinage, d'autres aliments doux furent sa nourriture, les excréments et l'urine reprirent leurs voies naturelles.La continuation des mêmes remèdes guérirent radicalement le malade qui devint plus honnête.

" SACHANT QU'IL N'EST RIEN DE PLUS CERTAIN QUE LA MORT, NI DE PLUS INCERTAIN QUE L'HEURE D' ICELLE "

Il restait et il reste encore une seule chose contre laquelle la médecine s'est toujours montrée démunie: la vieillesse.

Nos aïeux ont tout essayé, en particulier toutes sortes de testicules: ceux de lièvre,  mangés crus par les Grecs, d'âne, (surtout le droit), broyés et avalés dans du lait, de préférence du lait de cerf, séchés, réduits en poudre et mis dans du vin, ou d'hyéne mangés avec du miel...Ils croquèrent des têtes de serpent, de l'eau de poudre d'or préparée par les alchimistes et inventèrent le "gérocomie", méthode consistant à respirer l'haleine des jeunes filles. Rien n'y fit."

JEAN-LOUIS BEAUCARNOT     [ Comment vivaient nos ancêtres? ]

18:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

27/09/2011

Le fils de la Perfection

"Madame Alban avait proclamé:

"Mon fils est une intelligence", et Théophile voyait venir au devant de lui un érudit gourd, niais qui n'avait pas son compte d'os, de nerfs, de pigment et tenait du lapin russe et du savant suèdois avec ses yeux rouges et ses lunettes d'or. Eusèbe, albinos ou presque à trente ans passés, en paraissait dix-sept, comme les idiots ou les enfants de vieillards qui semblent ne pouvoir se développer au-delà d'une adolescence interminable, chétive ou atrophiée.

Tout le diable pour la femme d'un homme pareil, c'était de savoir  qu'elle serait dans le monde accompagnée jusqu'au dernier jour et dans l'éternité par ce ridicule petit monstre, le fils de la Perfection. L'oubliait-elle, elle était moins malheureuse; s'apercevait-elle de lui à son côté, elle se mettait au desespoir , à trembler de tous ses membres; alors, monseigneur Lebert, appelé en hâte l'exorcisait.

Madame Alban parlait quelquefois à Théophile de l'éducation de son fils. Elle l'avait tenu enfermé dans une serre avec des jouets précieux jusqu'à sa majorité, pour le préserver du mal.

Le fils de madame Alban apprit d'abord le latin. "Qu'il collectionne des images pieuses, des timbres-poste, des papillons, des livres rares!" conseillait le jésuite, directeur de madame Alban. Le fils de madame alban apprit l'hébreu; quand il eut entassé elzévir sur elzévir, il vit mademoiselle Paoli.

Le tuteur peu scrupuleux d'une fille qu'il venait de ruiner consentit à la donner au premier venu. Fervent du spiritisme, il passait, disait-on les nuits avec sa pupille sur les bords du Cocyte, du Phlégeton  ou du Styx. madame Alban qui préssentait la ruine des Paoli insistait sur leur péché, mais le mystique Eusèbe flairait avec une volupté de plus autour de sa fiancée l'odeur de soufre dont parlait sa mère;

La Paoli après une discussion simulée avec son tuteur, s'était, disait-elle arrachée à ses menées la veille de ses noces et le lendemain,  au grand scandale de la ville, le cortège des Alban venait la prendre pour la conduire à la mairie et à l'église, dans la garçonnière de des Roziers.

Au moment du départ des "Enfants", Théophile arriva, comme la voiture qui les emportait, s'ébranlait chargée de malles. Il trouva madane Alban seule, assise dans le grand escalier d'honneur, sur une marche de pierre, soufflant, suant, riant de plaisir à la manière d'une laveuse qui a fini sa journée."

 

JOUHANDEAU       [  Chaminadour ]

 

14:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

20/09/2011

ça sentait le roussi

"Ne restait plus qu'une statégie à adopter: faire de ce Ferdinand Toussaint, de cet original solitaire qui maintenant était là comme les cheveux sur la soupe, un camarade et peut-être le temps aidant un complice. Sans se concerter , sans même savoir que l'autre aurait la même idée, chacun prit donc in petto la décision de le séduire.

Le petit bonhomme débonnaire devint alors l'objet des attentions les plus complaisantes. On lui offrait une friture de gardons, une livre d'anguilles encore toute frétillantes de fraicheur, un kilo de pommes et des légumes du marais dont on disait qu'on en avait beaucoup trop.

Ferdinand Toussaint accueillait toutes ces offrandes avec force remerciements et invitait chacun à entrer dans son logis; on sifflait alors d'admiration non feinte davant les murs impeccablement enduits, les parquets cirés, les carrelages et les gros meubles de bois massif....On remarquait du coin de l'oeil qu'il n'y avait pas de télévision dans cette maison, qu'il y avait bien un écran posé sur un petit bureau mais que c'était celui d'un ordinateur. Et puis, on notait, effaré, la quantité effroyable et désordonnée des livres sur d'épaisses étagères fixées aux murs mais aussi sur les meubles, par terre, sur la table, sur le lit, partout où il y avait une petite place.

On repartait d'ici vraiment pas rassuré; pas de télé, un ordinateur et des livres, des livres à foison, des énormes, des moyens, des grands, des minces, des épais! ça sentait le roussi; et ça se mit même à sentir carrément le brûlé quand on apprit épouvanté, chacun à son tour et toujours en se figurant être le seul à détenir un redoutable secret que Ferdinand Toussaint était un magistrat à la retraite, un juge, un chat fourré! En un mot comme en cent, un gars qui avait passé sa vie à expédier toutes sortes de contrevenants en prison! "

 

BERTRAND  REDONNET   [ Le théâtre des choses ]

 

11:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)