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26/03/2009

Little things

"To go back a year- Susy aged seven. Several times her mother said to her.

There, there, Susy, you mustn't cry over little things.

This furnished Susy a text for thought. She had been breaking her heart over what had seemed vast disasters; a broken toy, a picnic cancelled by thunder and lightning and rain, the mouse that was growing tame and friendly in the nursery and killed by the cat and now came this strange revelation: For some unaccountable reason these were not vast calamities. Why? how is the size of calamities measured? What is the rule? There must be some way to tell the great ones from the small ones.

She examined the problem earnestly and long. And at last she gave up and went to her mother for help.

-Mamma, what is "little things?"

It seemed a simple question at first; and yet, before the answer could be put into words, unsuspected and unforseen difficulties began to appear. The effort to explain came to a standstill; Susy tried to help her mother out with an instance, an illustration. The mother was getting ready to go downtown, to buy a long promised toy-watch for Susy.

If you forgot the watch, mamma, would that be a little thing?

She was not concerned about the watch for she knew it would not be forgotten. What she was hoping for was that the answer would unriddle the riddle and bring rest and peace to her little mind; the hope was disappointed , of course for the reason that the size of a misfortune is not determinable by an outsider's measurement of it but by the measurements applied to it by the person specially affected.

The king's lost crown is a vast matter to the king but of no consequence to the child.The lost toy is a great matter to the child but in the king's eye it is not a thing to break the heart about."

THE AUTOBIOGRAPHY OF MARK TWAIN

 

Vous voyez que vous n'aviez pas besoin de traduction ; ce passage est charmant, non?

 

 

 

16:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

19/03/2009

Elles y sont toutes ?

"Il fut capturé par surprise: il était juché à quinze pieds au-dessus d'eux, dans les fourches d'un arbre aux multiples ramures. Aux yeux ébahis de tous, il se laissa tomber comme une ombre, , aussi nu que le jour où il était né, atterrit avec souplesse sur ses genoux pliés, puis, s'étant redressé, se mit à bondir toujours comme une ombre sur le sentier. On eût dit, plutôt qu'un être humain, un esprit fantastique de la jungle, un lutin de la forêt...Avant qu'il ait pu s'enfuir, Binu Charley était sur lui et l'avait empoigné par ses cheveux, qui étaient blancs comme neige. C'était un tout jeune homme et un dandy de la brousse: sa figure était noircie au charbon, ses cheveux devaient leur blancheur à la cendre de bois dont ils étaient poudrés; une queue de sanglier fraichement coupée lui passait au travers du nez et deux autres lui traversaient les oreilles. Son seul autre ornement était un collier de phalanges humaines.

Il est près de son village, avertit à voix basse Binu Charley. Au même moment, le son grave d'un tam-tam résonna dans les hauteurs...Ils débouchèrent soudain en plein milieu du village...

Où sont les fella têtes?

Chez le sorcier, répondit-il.C'est cette grande maison,à ce diable de diable.

Au centre, devant un feu qui fumait lentement, un vieil homme se tenait accroupi dans les restes de cendre de milliers de feux éteints ; il regardait les envahisseurs en clignant de l'oeil d'un air indifférent. Il était extrêmement vieux, si vieux que sa peau flasque et parcheminée se plissait et pendait.Ses mains n'étaient que des griffes osseuses, et sa face émaciée faisait songer à une tête de mort.Ils trouvèrent suspendu dans la cheminée ce qu'ils cherchaient.

Joan se détourna et s'enfuit au-dehors en trébuchant, prête à se trouver mal; vacillant au soleil et respirant fort pour ne pas s'évanouir, elle demanda à Sheldon , d'une voix mourante:

Elles y sont toutes?"

JACK    LONDON    [ L'Aventureuse ]    1911

Quelqu'un qui m'a fait découvrir ce livre se reconnaitra... 

18:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3)

16/03/2009

J'aimais y lire

"On tirait le fauteuil pâle près de l'embrasure de façon que la lumière vienne éclairer la page par-dessus l'épaule;à l'époque, de grandes dames sortaient de la demeure et empruntaient les allées herbeuses, à la rencontre de gentilshommes portant raquettes et balles blanches que j'apercevais à peine, à travers les buissons qui cachaient la pelouse du court de tennis.mais ils ne me détournaient nullement de mon livre, pas plus que les papillons se déposant sur les fleurs ou les abeilles vaquant à leurs occupations plus sérieuses, ou les gives sautillant des branches basses du sycomore sur le gazon, faisant deux pas vers une limace ou une mouche...A l'époque rien de tout cela ne me distrayait et avec les fenêtres ouvertes, le livre tenu de façon qu'il se détachait sur un fond de haie d'escallonia et de bleu au loin,au lieu d'un livre, il semblait que ce que je lisais était posé sur le paysage, non pas imprimé, relié ou broché, mais en quelque sorte le produit des arbres, des champs, du chaud ciel estival, tout comme l'air qui enveloppait, par les beaux matins, les contours des choses.

Si je posais les yeux sur mon livre, j'apercevais Keats et Pope derrière lui; pourtant, comme je l'ai dit, même le jardinier menant son poney faisait partie du livre,et, s'egarant de la page concrète, l'oeil se posait sur son visage, comme s'il enjambait un abime de temps; cet homme venait tout naturellement prendre place aux côtés des poètes morts; il labourait, il semait, il buvait,il marchait parfois au combat; il chantait sa chanson,il avait fait sa cour avant de disparaitre sous terre, ne soulevant qu'une strie de gazon vert dans le cimetière,mais laissant derrière lui des garçons et des filles pour lui succéder et mener le poney par les étouffants matins d'été"

VIRGINIA  WOOLF      [L'écrivain et la vie]     1916

 

14:02 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)