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28/11/2008

Compliqués,les rapports sociaux

Juste un tout petit Bernard Shaw pour fêter mon retour.

"The difference between a flower-girl and a duchess is not how she behaves but how she is treated."

Bernard Shaw      [Pygmalion]

14:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/11/2008

Deux cents ans en arrière

"Une femme de vingt-six ans, dit Marianne après un moment de réflexion, ne peut jamais espérer ressentir, ni inspirer encore un tendre sentiment; et, si sa maison est inconfortable ou sa fortune trop mince, je suppose qu'il lui faut se résigner à prendre un emploi de nurse pour s'assurer une existence convenable. S'il épousait une telle femme , cela n'aurait rien de choquant. Ce serait un mariage de convenance et le monde serait satisfait. A mes yeux, ce ne serait pas un mariage du tout, ce ne serait rien. Cela m'apparait seulement comme un échange commercial, dans lequel chacun cherche son avantage aux dépens de l'autre.

-Il serait impossible, je le sais, répliqua Elinor, de vous persuader qu'une femme de vingt-six ans peut éprouver pour un homme de trente-cinq ans un sentiment assez voisin de l'amour pour désirer en faire son compagnon. Mais il me faut protester contre votre prétention de confiner le colonel Brandon et sa femme dans une chambre de malade, pour la simple raison qu'il s'est plaint par hasard , hier, (où le temps était froid et humide) de ressentir une légère douleur  de rhumatisme à l'épaule.

Mais il parlait de gilet de flanelle, dit Marianne, et, pour moi, l'idée d'un gilet de flanelle est invariablement liée aux douleurs, crampes, rhumatismes et autres maux qui affligent les personnes faibles et âgées."

Jane Austen   [ Raison et sentiments ]

17:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

31/10/2008

...que sept mille hommes....

"Cette année-là,à la fin de l'été, nous habitions une maison, dans un village qui, par delà la rivière et la plaine, donnait sur les montagnes.Dans le lit de la rivière, il y avait des cailloux et des galets, secs et blancs au soleil, et l'eau était claire et fuyait, rapide et bleue dans les courants. Des troupes passaient devant la maison, et s'éloignaient sur la route, et la poussière qu'elles soulevaient poudraient les feuilles des arbres...On se battait dans les montagnes, et le soir, nous pouvions apercevoir les éclairs de l'artillerie. Dans l'obscurité, on eût dit des éclairs de chaleur. La nuit, le mouvement était intense, des camions qui transportaient des hommes, et dans tout ce va-et-vient, d'autres camions recouverts d'une bâche se mouvaient lentement.A l'automne, quand les pluies commencèrent, on ne vit plus que des branches nues et des troncs noirs de pluie.Les vignes étaient clairsemées , dénudées, toute la campagne était mouillée et brune , tuée par l'automne. Les camions faisaient jaillir la boue sur la route, et les soldats , sous leurs capotes étaient crottés et mouillés;ils portaient deux cartouchières de cuir accrochées à leurs ceinturons;et ces étuis en peau grise, faisaient bomber à tel point les capotes que tous ces hommes qui passaient sur la route semblaient être arrivés au sixième mois de leur grossesse.

Il y avait de petites automobiles grises qui filaient très vite, si l'un des officiers à l'arrière était tout petit et assis entre deux généraux, si petit qu'on ne pouvait voir sa figure, mais juste le haut de son képi et son dos étroit, et si l'auto filait particulièrement vite, il y avait bien des chances que ce fût le roi.Il circulait presque chaque jour pour voir comment les choses allaient et les choses allaient très mal.

A l'entrée de l'hiver, une pluie persistante se mit à tomber, et la pluie amena le choléra. Mais, on put l'enrayer et, en fin de compte,il n'y eut dans l'armée que sept mille hommes qui en moururent.

Ernest Hemingway  [  L'adieu aux armes ]

18:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)