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12/09/2008

Meditation upon a Broomstick

Allez, courage, de l'anglais, cette fois et le jeu en vaut la chandelle; un très très grand classique de la satire féroce; le monsieur est bien désabusé et vous allez rire jaune....

 

"This single stick, which you now behold ingloriously lying in that neglected corner, I once knew in a flourishing state in a forest; it was full of sap, full of leaves, and full of boughs; it is now, at best, but the reverse of what it was, a tree turned upside down, the branches on the earth,  and the root in the air, ; it is now handled by every dirty wench, condemned to do her drudgery, and by a capricious kind of fate,destined to make other things clean and be nasty itself.

When I beheld this, I sighed, and said within myself: surely, Man is a Broomstick; Nature sent him into the world, strong and lusty in a thriving condition, wearing his own hair on his head , the proper branches of this reasoning vegetable until the axe of intemperance has lopped his green boughs and left him a withered trunk...But, a Broomstick, perhaps you will say, is an emblem of a tree standing on its head; and pray what is man but a topsy-turvy creature, his animal faculties perpetually mounted on his rational, his head where his heels should be. And yet with all his faults, he sets up to a universal reformer,  and corrector of abuses, rakes into every slut's corner of nature bringing hidden corruption to the light, and raises a mighty dust where there was none before...His last days are spent in slavery to women and generally the least deserving; till, worn out to the stumps like his brother besom, he is either kicked out of doors, or made use of to kindle flames for others to warm themselves by."

Jonathan Swift   1703

14:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/09/2008

Sommes-nous un ou très divers ?

"Le vrai moi est celui qui se trouve en janvier sur le trottoir, ou celui qui se penche sur le balcon en juin? Suis-je ici ou suis-je là? Ou bien le vrai, le vrai moi est-il quelque chose de si divers que c'est aux seuls moments où nous lâchons la bride à ses désirs, où nous lui laissons librement suivre sa voie que nous sommes vraiment nous-mêmes? Il faut que l'homme soit un tout, c'est plus commode; Le vrai citoyen, lorsqu'il ouvre sa porte le soir doit être banquier, joueur de golf, époux, père; non un nomade parcourant le désert, un mystique perdu dans la contemplation du ciel, un paria hurlant son doute ou sa solitude. Lorsqu'il ouvre sa porte, il doit passer ses doigts dans ses cheveux et mettre son parapluie au vestiaire comme les autres"

Virginia Woolf       [Vagabondage: une aventure londonienne]

46ème passage aujourd'hui, c'est copieux, déjà, non? Sachez que si j'ai choisi toutes ces pages, c'est qu'elles me correspondent; j'espère continuer à vous embarquer longtemps.

Bonne lecture à tous   AME 91

16:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

26/08/2008

La tempête d'octobre 1859

François Bon a mis de larges extraits de "La mer" de Michelet dans Tiers livre; un autre passage me touche également, on a la sensation de vivre cette immense angoisse en sa compagnie depuis l'intérieur de la maison.

"Du premier coup, une grande tente grise ferma l'horizon en tous sens; on se trouva enseveli dans ce linceul d'un morne gris de cendre, qui n'ôtait pas toute lumière, et laissait découvrir une mer de plomb et de plâtre, odieuse et désolante de monotonie furieuse....

Nous habitions sur la plage. Nous étions plus que spectateurs de cette scène; nous y étions mélés.La mer par moments venait à vingt pas. Elle ne frappait pas un coup que la maison ne tremblât.

Le grand hurlement n'avait de variante que les voix bizarres, fantasques, du vent acharné sur nous. Cette maison lui faisait obstacle, elle était pour lui un but qu'il assaillait de cent manières.C'était parfois le coup brusque d'un maitre qui frappe à la porte, des secousses, comme d'une main forte pour arracher le volet; c'étaient des plaintes aiguës par la cheminée, des désolations de ne pas entrer, des menaces si l'on n'ouvrait pas, enfin des emportements, d'effrayantes tentatives d'enlever le toit.

Chose plus sérieuse!La furie de l'ouragan réussit à desceller le gond d'un volet, qui, dès lors, quoique fermé encore, frémit, branla, s'agita...On dut hasarder d'ouvrir la fenêtre. Au moment où je l'ouvris, quoique abrité par les volets, je me sentis comme dans un tourbillon, demi sourd par l'horrible force d'un bruit égal au canon, d'un coup de canon permanent qu'on m'eût , sans interruption tiré sous l'oreille.Les vagues croisées et brisées contre elles- mêmes , souvent ne pouvaient retomber. La rafale, par dessous, les enlevait comme une plume, ces pesantes masses, les faisait fuir par la campagne. Nous avions la chance bizarre de faire naufrage sur terre."

La mer  [J. Michelet]

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