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09/06/2008

la famille

"Pour beaucoup de niais vaniteux que la vie déçoit,la famille reste une institution nécéssaire, puisqu'elle met à leur disposition....un petit nombre d'êtres faibles que le plus lâche peut effrayer, car l'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui ."

Georges Bernanos  [Sous le soleil de Satan]

20:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3)

02/06/2008

Xian (1984)

"Il venait de toucher,comme un pâtre des montagnes suisses, le sept ou huitième petit troupeau de l'année, qu'il devait faire pâturer pendant quelques jours dans un fabuleux alpage culturel que le Pouvoir avait tour à tour honni,célébré, souillé, vilipendé, et depuis quelques années remis à l'honneur et restauré(parfois superbement) pour des raisons qui, après tant de palinodies, pouvaient, beaucoup plus qu'à nous, lui paraitre louches. En regardant de biais ce faux dormeur , je vis ceci, un clou sur lequel on aurait tapé sans pouvoir l'enfoncer dans la poutre; ce visage carré et dur en disait long sur la façon de faire rebondir le marteau qui vous frappe, me faisant penser à une victoire gagnée tout seul dans des eaux noires dont je ne connaissais rien.

Il m'expliqua qu'il n' avait sauvé de sa petite bibliothèque que le "Larousse" qu'il avait enterré,enveloppé de toile cirée dans son jardin. Il nous émerveilla;non seulement des mots tels que "épissure", "scabreux", "réticence" lui venaient comme s'il tutoyait les Anges mais il les utilisait avec l'extraordinaire intuition d'une culture, que, pourtant il n'avait pas connue."

Nicolas Bouvier    [Journal d'Aran et d'autres lieux]

10:51 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

23/05/2008

Words are no good

"I could just remember how my father used to say that the reason for living was to get ready to stay dead a long time...When I knew that I had Cash, I knew that living was terrible; that was when I learnt that words are no good, that words don't ever fit even what they are trying to say at.When he was born, I knew that motherhood was invented by someone who had to have a word for it, because the ones that had the children didn't care whether there was a word for it or not ...

My aloneness had to be violated over and over each day, but it had never been violated until Cash came.Not even by Anse in the nights.He had a word too, love, he called it but I had been used to words for a long time. I knew that the word was like the others, just a shape to fill a lack.."

William Faulkner     [As I lay dying ]

Cette fois, j'ai décidé de vous faire bosser un peu; si vous vous lancez dans Faulkner, c'est un des livres les plus ramassés, et d'un poids considérable, selon moi. En français , c'est "Tandis que j'agonise", un de ces livres qui changent quelque chose.

22:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)