2348

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/05/2008

Food for thought

"There's nothing good or bad but thinking makes it so"

William Shakespeare      [Hamlet]

10:33 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/05/2008

le sens véritable de la paix

"La route d'Epidaure est celle de la création.On ne cherche plus; on se tait, peu à peu réduit au silence par la paix qui descend des commencements mystérieux. Si l'on pouvait parler, l'on deviendrait mélodie. Rien ici qui puisse saisir, thésauriser ou accaparer; le paysage ne se dérobe pas, il s'installe dans les lieux ouverts du coeur; il y afflue,s'accumule,dépossède; ce n'est plus une randonnée à travers quoi que ce soit,la nature, mettons, si vous voulez; c'est la participation à une déroute, une débâcle des forces de la cupidité, de la malveillance, de l'envie, de la rancoeur, de l'intolérance,de l'orgueil, de l'arrogance,de la ruse, de la duplicité,etc...C'est la matin du premier jour de la grande paix; il a fallu que je vienne à Epidaure pour connaitre le sens véritable de la paix.Comme n'importe qui, je m'étais servi de ce mot, toute ma vie, sans me rendre compte une seule fois qu'il s'agissait d'une contrefaçon; la paix n'est pas plus le contraire de la guerre, que la mort celui de la vie.De la pauvreté du langage est née une équivoque absolument fausse, la paix que la plupart d'entre nous connaissent n'est qu'une cessation d'hostilités, une trêve, un interrègne, une accalmie, un répit, toutes choses négatives;la paix de coeur est positive et invincible, ne pose pas de conditions,ne requiert pas de sauvegardes. Elle se contente d'être. "

Henry Miller     [le Colosse de Maroussi]

10:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

25/04/2008

J'ai entendu un écho

"Ce fut tout. Ou plutôt pas tout, puisqu'il n'y a pas de tout, pas de fin;ce n'est pas du coup lui-même que nous souffrons mais de sa fastidieuse répercussion, du contre-temps, des sales conséquences qu'il nous faut balayer du seuil même du désespoir.Vous comprenez, je ne le vis jamais,je ne l'ai même pas vu mort. J'ai entendu un écho mais pas le coup de feu; j'ai aperçu une porte close mais je ne l'ai pas ouverte; je me souviens que lorsque nous transportâmes le cercueil hors de la maison cet après-midi là...pendant que nous mangions dans la salle même au-dessus de laquelle il gisait, nous pouvions les entendre marteler et scier dans la cour de derrière..ce lent, incessant, exaspérant crissement de la scie, ces coups sourds et méthodiques du marteau qui donnaient faussement l'impression que chacun allait être le dernier jusqu'à ce qu'enfin je sortisse; j'essayai de porter tout le poids du cercueil pour me prouver à moi-même qu'il était bien dedans mais je ne pouvais pas , je ne voulais pas croire quelque chose qui, je le savais ne pouvait pas ne pas être.Il y a certaines choses qui nous arrivent et que l'intelligence et les sentiments refusent, exactement comme l'estomac rejette parfois ce que le palais a accepté mais que la digestion ne peut assimiler, des évènements qui nous arrêtent court, tel qu'une vitre à travers laquelle nous regardons toute la suite des évènements apparaître comme dans un vide silencieux, pour s'effacer, s'évanouir; puis disparaître,nous laissant immobiles ,impuissants, désarmés...c'est ainsi que j'étais. "

William Faulkner    [Absalon, Absalon!]

18:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)