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09/02/2008

Vie d'Antoine Peluchet

"Il faut alors imaginer qu'un jour, Toussaint perçut dans le fils ,quelque chose, geste, parole ou plus vraisemblablement silence, qui lui déplut: une pesée trop légère aux mancherons de la charrue, une paresse à vivre, un regard qui demeurait obstinément le même, qu'il se posât sur des seigles parfaits ou des blés où s'est roulé l'orage, un regard pareil à la terre innombrable et toujours la même.Or,le père aimait son lopin: c'est à dire que son lopin était son pire ennemi et que, né dans ce combat mortel qui le gardait debout, lui tenait lieu de vie et lentement le tuait, dans la complicité d'un duel interminable et commencé bien avant lui, il prenait pour amour sa haine implacable, essentielle. Et sans doute le fils rendait-il les armes,parce que la terre n'était pas son ennemie mortelle: son ennemi à lui, c'était peut-être l'alouette qui va trop haut et trop bellement, ou la vaste nuit stérile, ou les mots qui flottent autour des choses comme des défroques achetées en foire; et à quoi dès lors, se mesurer?

Pierre Michon   [Vies minuscules]

13:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/02/2008

Le bonheur...

"Le bonheur, lorsque je l'éprouve, si c'est bien lui, si le terme s'applique à ce que je ressens, c'est, ce serait un fugace rayon tombé du ciel couvert, une mince langue de sable au milieu du flot, une intermittence précaire dans le tumulte et le déplaisir. Notre bonheur,lorsqu'il se présente a le goût mélé de l'âge intermédiaire qui est le nôtre. Il lui manque la perfection et la durée. Nous ne goûterons pas la douceur des permanences, la quiétude qui sourd de ce qui déborde et conforte notre brève saison.

Pierre Bergounioux   [La fin du monde en avançant]

16:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

31/01/2008

on fête la musique

Vous allez deviner, c'est simple comme bonjour, ce qu'il composait.

"Voilà, il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaine;Il sait très bien ce qu'il a fait, il n'y a pas de forme à proprement parler, pas de développement ni de modulation, juste du rythme et de l'arrangement.Bref, c'est une chose qui s'autodétruit, une partition sans musique, un suicide dont l'arme est le seul élargissement du son.Phrase ressassée, chose sans espoir et dont on ne peut rien attendre, un morceau dont la chorégraphie, la lumière et le décor feront supporter les redites; c'est seulement fait pour être dansé."

Jean Echenoz    [Ravel]

je ne vous ferai pas l'injure de vous donner la réponse.

Vous avez gagné le droit de revenir sur mon blog.      

AME91     PS, c'est Schubert qui est à l'honneur pendant 3 jours ,c'est beaucoup de bonheur, tout çà

11:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)