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<title>Pour le meilleur et pour le lire - livre</title>
<description>Faire partager mes lectures</description>
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<lastBuildDate>Tue, 05 Jan 2010 10:52:24 +0100</lastBuildDate>
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<copyright>All Rights Reserved</copyright>
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<title>Je t'ai tout donné</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2010/01/05/je-t-ai-tout-donne.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Tue, 05 Jan 2010 10:52:24 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&quot;J'ai sorti mon portefeuille africain, nos vieilles photos et je lui ai demandé si, vraiment, elle n'avait plus rien à me faire savoir sur mon père. Dans ces cas-là, je me heurtais toujours à la même chanson. Invariablement, c'était:&quot; Ton père était très beau. Ton père était très grand. Ton père était très gentil, et je ne pourrai jamais réparer. Tu tiens donc tant que çà à me faire souffrir?&quot; J'ai pris dans le portefeuille le ticket d'autocar au dos duquel elle m'avait écrit, il y a quelques années maintenant:&quot; Je t'ai tout donné&quot; et je l'ai exhibé devant la statue assise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'était un coupon bleu pâle, dont l'épaisseur et le format renvoyaient à une autre époque, comme toutes ces choses dont on s'étonne du volume qu'elles avaient autrefois, avant de prendre la forme diminuée qu'elles reçoivent du progrès, qu'il s'agisse des parapluies, des phonographes ou des titres de transport. Ce morceau de carton, j'étais sûr qu'il était la matière d'un souvenir éminent, peut-être cette excursion que&amp;nbsp;je me plaisais d'imaginer, en examinant l'unique photo qui nous réunissait tous les trois, mon père, ma mère et moi en habits de fête, devant cet autocar aux pneus immaculés dont la calandre étincelait. La poinçonneuse avait validé la belle randonnée. Aussi avais-je noué par le petit trou&amp;nbsp;qui s'y trouvait percé un lacet de cuir et ce talisman me servait de marque-page...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu vois comme tes gestes et tes intentions sont appréciés, lui ai-je dit. Ce billet où tu m'as dit qu'il ne te restait plus rien n'a jamais quitté mes livres ou mon portefeuille. C'est peut-être aussi à cause de cette tournure, tu n'y as pas pensé? &quot;Je t'ai tout donné&quot; Je crois qu'en fait, j'ai voulu y voir aussi une belle confession d'amour maternel....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ma mère m'a contemplé de ses yeux noirs, avec une expression d'incrédulité que j'ai vu grandir très doucement jusqu'à la stupéfaction, puis elle m'a saisi le poignet, l'a serré très fort et m'a&amp;nbsp; fait entendre son rire le plus éclatant, un peu nasillard, celui qu'elle avait quand elle se moquait de ses propres sottises, et qui m'effrayait parfois. Elle riait à en pleurer.&quot;Mais voyons, qu'est-ce que tu me chantes là! Mais voyons, reprit-elle, en réprimant un hoquet, ce n'est pas à toi que j'écrivais. C'est à lui.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;JEAN-LOUIS EZINE&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; [Les taiseux]&lt;/p&gt;
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<title>Pourquoi cela? C'est inutile...</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2009/12/27/pourquoi-cela-c-est-inutile.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sun, 27 Dec 2009 12:05:55 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&quot;Jusqu'alors il avait jugé ces êtres-là inaccessibles, uniquement crées et mis au monde pour rouler dans de belles voitures, avec cochers et valets de pied de grand style et n'accordant aux pauvres pietons que des regards indifférents. ET voilà qu'une de ces nobles créatures avait pénétré chez lui pour lui commander le portrait de sa fille et l'inviter dans son aristocratique demeure....Enfin, la grande dame et sa pâle enfant arrivèrent. Il les fit asseoir, avança la toile et se mit à peindre. La journée ensoleillée, le vif éclairage, lui permirent d'apercevoir sur son fragile modèle certains détails qui, traduits sur la toile, donneraient une grande valeur au portrait; son coeur commença même à battre légèrement quand il sentit qu'il allait exprimer ce dont nul avant lui ne s'était encore aperçu. A voir si bien rendus par son pinceau ces traits délicats, cette chair exquise, quasi diaphane, il se sentait défaillir. Il tâchait de saisir la moindre nuance, un léger reflet jaune, une tâche bleuâtre à peine visible sous les yeux et copiait déjà un petit bouton poussé sur le front, quand il entendit au-dessus de lui la voix de la maman:Eh non, voyons, pourquoi cela?, c'est inutile; il me semble qu'à certains endroits vous avez fait ...un peu jaune. Et ici, tenez, on dirait de petites taches sombres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le peintre voulut expliquer que précisément ces taches et ces reflets jaunes mettaient en valeur l'agréable et tendre coloris du visage.Il lui fut répondu qu'elles ne mettaient rien du tout en valeur , que c'était là une illusion de sa part.L'artiste ne trouva rien à lui répondre.Bon gré mal gré, il dut effacer ce que son pinceau avait fait naitre sur la toile; il se mit à donner machinalement au tableau cette note uniforme qui se peint de mémoire et transforme les portraits d'êtres vivants en figures froidement irréelles, semblables à des modèles de dessin....Plein de ces impressions, il écarta le portrait, alla chercher une tête de Psyché qu'il avait naguère ébauchée puis abandonnée dans un coin. C'était une figure dessinée avec art mais froide, banale et conventionnelle. Il la reprit dans le dessein d'y fixer les traits qu'il avait pu observer sur son aristocratique visiteuse .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lise, Lise, ah que c'est ressemblant! Superbe, Superbe, quelle bonne idée vous avez eue de l'habiller d'un costume grec! Ah, quelle surprise!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le peintre ne savait comment les tirer de cette agréable erreur. Mal à l'aise, baissant les yeux, il murmura: c'est Psyché.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;GOGOL&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; [Le journal d'un fou]&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le portrait&lt;/p&gt;
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<title>A Vichy, ce 4è juin.</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2009/12/19/a-vichy-ce-4e-juin1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 15:48:36 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&quot;A MADAME DE GRIGNAN&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, ma bonne, j'ai achevé aujourd'hui ma douche et ma suerie; je crois qu'en huit jours, il est sorti de mon pauvre corps plus de vingt pintes d'eau. Je me crois à couvert des rhumatismes pour le reste de ma vie. Mes genoux sont comme guéris; mes mains ne veulent pas encore se fermer mais pour cette lessive qu'on voulait faire de moi une bonne fois, elle sera dans la perfection.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons ici une Mme de La Barois qui bredouille d'une apoplexie: elle fait pitié mais quand on la voit, laide, point jeune , habillée du bel air, avec de petits bonnets à double carillon,&amp;nbsp; et qu'on songe , de plus, qu'après vingt-deux ans de veuvage, elle s'est amourachée de M. de La Barois qui en aimait une autre à la vue du public, à qui elle a donné tout son bien et qui n'a jamais couché qu'un quart d'heure avec elle, pCur fixer les donations et qui l'a chassée de chez lui outrageusement, on a extrèmement envie de lui cracher au nez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On dit que Mme de Péquigny vient aussi, c'est la Sibylle Cumée; elle cherche à se guérir de soixante et seize ans, dont elle est fort incommodée; ceci devient les Petites Maisons; je mis moi même hier une rose dans la fontaine bouillante, elle y fut en bouillie en un moment; cette expérience dont j'avais ouï parler me fit plaisir, il est certain que les eaux ici sont miraculeuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ma chère bonne, j'attends de vos lettres présentement&amp;nbsp;avec impatience, et je cause en attendant; ne craignez jamais que j'en puisse être incommodée....&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;MADAME DE SéVIGNé&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; [Lettres]&lt;/p&gt;
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<title>retranché de la surface naturelle de la terre?</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2009/12/13/retranche-de-la-surface-naturelle-de-la-terre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sun, 13 Dec 2009 15:21:46 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&quot;Sous mes pieds, par conséquent, la terre devait être fantastiquement percée de tunnels et de galeries qui étaient la demeure de la race nouvelle. Quoi de plus naturel que de supposer que c'était dans ce monde souterrain que se faisait tout le travail nécessaire au confort de la race du monde supérieur....Tout d'abord, procédant d'après les problèmes de notre époque actuelle, il me semblait clair comme le jour&amp;nbsp; que l'extension graduelle des différences sociales,&amp;nbsp; à présent simplement temporaires, entre le capitaliste et l'ouvrier ait été la clef de la situation. Nous tendons à utiliser l'espace souterrain pour les besoins les moins décoratifs de la civilisation; il y a , à Londres, par exemple, le Métropolitain,&amp;nbsp; et récemment, des tramways électriques souterrains, des rues et des passages souterrains, des restaurants et des ateliers souterrains, et ils croissent et se multiplient. Evidemment, pensais-je, cette tendance s'est développée jusqu'à ce que l'industrie ait graduellement perdu son droit d'existence au soleil; je veux dire qu'elle s'était étendue de plus en plus profondément en de plus en plus vastes usines souterraines, y passant une somme de temps sans cesse croissante, jusqu'à ce qu'à la fin...Est-ce que, même maintenant un ouvrier de certains quartiers ne vit pas dans des conditions tellement artificielles qu'il est pratiquement retranché de la surface naturelle de la terre?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, la tendance exclusive de la classe possédante , due sans doute au raffinement croissant de son éducation et à la distance qui augmente entre elle et la rude violence de la classe pauvre, la mène déjà à clore dans son intérêt de considérables parties de la surface du pays. Aux environs de Londres, la moitié au moins des plus jolis endroits sont fermés à la foule; de sorte qu'à la fin, on eut au-dessus du sol, les possédants, recherchant le plaisir, le confort et la beauté et au-dessous du sol, les non-possédants, s'adaptant d'une façon continue aux conditions de leur travail; ceux d'entre eux qui avaient des dispositions à être malheureux ou rebelles durent mourir et finalement, l'équilibre étant permanent, les survivants devinrent aussi bien adaptés aux conditions de la vie souterraine et aussi heureux à leur manière que la race du monde supérieure le fut à la sienne.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;H.G. WELLS&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; [La machine à explorer le temps]&lt;/p&gt;
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<title>Il me suit...</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2009/12/06/il-me-suit.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 14:07:11 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&quot;Je vous ai reconnu de loin, quel bonheur! s'écria Elsa.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ses dents claquaient. Elle était sans chapeau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je l'ai perdu en courant, je ne voulais pas aller chez moi, continua-t-elle ne liant plus ses pensées; Il me suit....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la rue, murmura-t-elle sans oser faire un geste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y avait pas un passant sur la chaussée, j'allais croire à une hallucination lorsque j'aperçus une voiture puissante qui rampait vers nous; Je ne trouve pas d'autre terme&amp;nbsp; pour cette insensible avance d'un monstre silencieux, luisant et magnifique. Derrière le volant, je distinguai,sur des épaules herculéennes, une minuscule tête.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marchons un peu, proposai-je, nous verrons bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Règlant son allure sur la nôtre,l'automobile vira, penétra dans la rue Mansart. Mes jambes ne me tiennent plus, gémit Elsa. Nous étions devant la &quot;Cloche d'or&quot; un restaurant ouvert toute la nuit et où j'avais mes habitudes. Il n'y avait pas de meilleur refuge pour Elsa; Je voulais qu'elle prît quelque nourriture et une boisson chaude. Elle me laissa commander&amp;nbsp; ce que je voulus , les yeux rivés sur la porte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques instants après, la porte s'ouvrit pour laisser entrer le personnage que j'avais entrevu chez Ginette; Il s'installa en face de nous, et ne quitta plus Elsa du regard. Je remarquai l'espèce de lie qui reposait au fond de ses yeux clairs et qui parfois les obscurcissait complètement. Ses paupières n'avaient presque pas de cils; son visage demeurait sans mouvement, sans expression, sauf aux instants précis où je sentais un frisson violent traverser la chair tremblante d'Elsa; alors, les lèvres acérées et pâles de l'homme se relevaient et ses narines fragiles, comme usées se dilataient un peu. Si cette confrontation ne prenait pas fin, j'aurais à emporter Elsa évanouie...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi suivez vous cette femme? Elle est en ma compagnie , et je ne permettrai pas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Permettez moi de vous dire, monsieur que je ne persécute personne. je tiens à contempler le plus longtemps possible la belle Elsa Wiener, dont je suis un vieil admirateur et je continuerai.....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je poussai Elsa dans un taxi, la menai à son hotel.Je fis sortir Max de son réduit et lui ordonnai: Quand Elsa sera couchée, tu iras dormir chez elle; je ne croyais à aucun péril, je parlais ainsi pour rassurer un peu la malheureuse que la panique mettait à bout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Tu feras bien reconnaitre ta voix, je m'enferme tout de suite;comme nous sortions de l'hotel, l'homme mettait&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;sa voiture en marche. C'est une automobile allemande, dis-je à Max, tu as vu la plaque?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je connais cette figure, murmura l'infirme, je l'ai déjà vue dans Montmartre mais aussi quelque part ailleurs, il me semble...Où?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;JOSEPH&amp;nbsp; KESSEL&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; [La passante du Sans-Souci]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Comme on ferait chez des gens</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2009/11/28/comme-on-ferait-chez-des-gens.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 13:55:03 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&quot;Dès le premier soir, donc, j'avais pris ce dédale qui s'ouvrait en face du corridor côté hotel, sur l'avenue en pente par laquelle on pouvait échapper aux buildings et descendre vers le fleuve. Derrière le grand hall rectangulaire, on retrouvait ces stands encore et encore pour manger pas cher, un libanais dont les assiettes indiquaient mal la provenance des ingrédients, des sandwicheries-pâtisseries. Puis les boutiques, et la première: des robots ménagers, des cafetières miracle, de l'électronique bon marché, lecteurs musicaux, calculatrices, souris magiques. Peut-être qu'on pourrait écrire l'histoire industrielle récente en inventoriant tout ce qui y fut rêvé et puis manqué, via ce qu'on retrouve ainsi bradé dans les gares.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'on continue encore, une bifurcation vers la gauche rejoignait l'autre bloc, celui que surmontait la patinoire. En partant sur la droite, même si l'escalator ne payait pas de mine, on traversait littéralement le hall d'un dépositaire de meubles. Alors tous ces gens qui marchaient pressés vers leur travail, on les apercevait comme traversant votre propre chambre à coucher: des mannequins de démonstration préparaient les lits pour la nuit, étaient assis aux bureaux avec faux ordinateurs, une femme modèle s'affairait sur des légumes en plastique dans la fausse cuisine sans cloison. Le lendemain, à rester quelques minutes ici dans un coin, je découvrais qu'effectivement les conversations baissaient d'un ton, comme on ferait chez des gens. Qui venait ici acheter son canapé, et comment alors l'en extraire? Seulement, c'est vrai, ils n'étaient pas chers, vraiment pas chers, les canapés transformables trois places en faux cuir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;FRANCOIS&amp;nbsp; BON&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; [ L'incendie du Hilton ]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Travailler ou se remettre au travail</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2009/11/22/travailler-ou-se-remettre-au-travail.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 17:37:23 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&quot;L'âne s'arrêta devant une taverne qu'un treillage recouvert de feuilles de courge poussièreuses protégeait de l'éclat bleu du ciel et des ardeurs du soleil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il veut dire: buvez donc un petit coup, messieurs, traduisit le noiraud. Après avoir trempé ses lèvres dans un godet rempli d'un épais vin doré, l'homme pointa le doigt vers l'arriero et déclara: D'après lui, la vie n'est pas agréable en Amérique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les gens ont beaucoup d'argent en Amérique,&amp;nbsp;s'écria le tenancier, un homme au teint violacé dont une ceinture de coton rouge marquait le tour de taille impressionnant.Tout le monde se gaussa bruyamment de l'arriero, qui sortit en hochant négativement la tête, et en murmurant: ce n'est pas une vie pour un homme. Quand nous quittames la taverne, l'arriero m'expliqua d'une voix émue qu'il n'avait pas voulu dire du mal de mon pays mais simplement expliquer pourquoi il n'avait aucune envie d'émigrer.Nous dépassames une charrette pleine de raisins dorés, légèrement étourdis par les émanations douceâtres de la fermentation alcoolique débutante.; un homme sombre aux sourcils&amp;nbsp;proéminents avançait en tenant la mûle par la bride.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que tu veux dire, c'est que çà, c'est une vie pour un homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelque chose qui n'est pas travailler ou s'apprêter à se remettre au travail.C'est lo&amp;nbsp; flamenco, la vie de l'Andalousie, c'est lo flamenco.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L' attitude crâne et rude, l'interprétation parfaite du chant aux notes tremblées, le distique impeccablement amorcé, le dos tourné au taureau qui charge, la mantille drapée d'une manière délicieusement provocante;sur cette côte, senior inglese, nous ne travaillons pas beaucoup, c'est vrai, nous sommes sales et sans instruction mais nous savons vivre; vous savez ce que font les pauvres des villes l'été, ils louent un figuier et vont s'installer dessous avec chats, chiens et marmots, ils mangent des figues au fur et à mesure qu'elles mûrissent, et boivent l'esu fraiche des fontaines, nom d'un petit bonhomme, croyez moi, c'est le bonheur!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Espagne, disait mon ami Don Diego, c'est soit le ventre et le bas-ventre, soit le coeur et la tête qui gouvernent notre vie. Il n'y a pas de moyen terme entre Don Quichotte le mystique et Sancho Pança, le sensuel; Pança, c'est lo flamenco....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je lui rapportai ce qu'avait dit de l'Amérique l'ânier, à savoir qu'en Amérique, on ne faisait que travailler puis se reposer pour se remettre au travail; or l'Amérique était le monde moderne, Le flamenco, c'est ni travailler ni s'apprêter à se remettre au travail.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;JOHN&amp;nbsp; DOS&amp;nbsp; PASSOS&amp;nbsp;&amp;nbsp; [Rossinante reprend la route]&lt;/p&gt;
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<title>Plus de lait, du jour au lendemain.</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2009/11/15/plus-de-lait-du-jour-au-lendemain.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 14:05:27 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&quot;et lui, qui repoussait la tétine, rabachait-elle aux infirmières sans les regarder, opiniâtre et fermée. ..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On lui avait proposé ce logement clair, au troisième étage, depuis lequel elle passait des heures lourdes, hébétées, à attendre derrière la fenêtre close le retour de Titi. Mais elle ne bougeait pas, guettant la voiture qui ramènerait Titi, et sachant maintenant qu'il suffisait à Max d'avoir la liberté de garder l'enfant aussi longtemps qu'il le voulait..Trois ou quatre heures en compagnie de Titi (l'enfant souvent grogneur, mystérieusement et ennuyeusement insatisfait et la chétivité de son corps translucide, son insignifiance décevante: pas un beau bébé tel qu'on montrait dans tout leur éclat, potelé et rieur, juste en face de l'immeuble, une affiche incitant à la procéation, mais un enfant modique , enchifrené, jamais rayonnant après qu'il avait bien mangé et bien dormi) quelques heures à s'occuper de Titi avec sa femme fatiguaient Max et tous deux le ramenaient sans regret, sentait Rosie.. Mais elle aurait attendu bien davantage toute la nuit et toute la journée du lendemain si Max avait décidé de garder Titi tout ce temps là.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle pensait à son frêre Lazare et regardait courir les enfants de la cité entre les arbres secs et courts, les bancs de pierre et les balançoires. Ils s'élançaient avec une vitalité féroce, une ardeur menaçante; ils passaient et repassaient entre les deux hautes jambes rouillées du panneau qui supportait l'affiche, (l'irradiante plénitude des petites chairs colorées),&amp;nbsp; et Rosie les suivait de son regard lent, et il lui venait la certitude parfaite et presque froide que jamais Titi ne galoperait ainsi, ardent, féroce, inquiètant d'allégresse.Jamais il ne le pourrait. Rosie Carpe et Max et peut-être aussi dans une certaine mesure, Lazare avaient empêché que Titi pût bondir sauvagement, et victorieusement comme le faisaient ces enfants-là, qui soulevaient en bas des nuées de poussière chaude; Rosie scrutait les déplacements tourbillonnants des gamins insatiables, qui piaillaient en bas, leurs mollets durs tout blanchis du sable malpropre des aires de jeux, et elle songeait avec une amertume glacée et presque satisfaite(car je le sais depuis toujours, se disait-elle)que cette âpre ivresse de l'enfance ne serait jamais pour Titi. Il serait toujours son pauvre Titi. Et elle inspirait de maigres goulées d'air et attendait, les jambes ankylosées de reconnaitre la voiture qui lui ramènerait l'enfant.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;MARIE&amp;nbsp;&amp;nbsp; NDIAYE&amp;nbsp; [Rosie&amp;nbsp; Carpe]&lt;/p&gt;
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<title>Un stade supérieur de la sagesse.</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2009/11/08/un-stade-superieur-de-la-sagesse.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 17:27:50 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;Dans mon entourage, on se reconnaitra.....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;L'attirail du pêcheur et la technique qu'il met en oeuvre, s'il la maitrise suffisamment, représentent donc un stade supérieur de la sagesse, enseignant que l'homme a besoin de secours matériels et de rites pour accéder au détachement. cette vue des choses demeure évidemment théorique. On ignore tout de l'intériorité des pêcheurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains semblent imperturbables, ravis dans l'extase du non-agir. D'autres, parce que je nageais aux environs de leur territoire, m'ont lancé des coups d'oeil féroces, des injures , des cailloux pointus. Et m'intrigue d'ailleurs plus encore le manège des personnages(souvent des femmes ou des enfants, quelquefois un chemineau biblique) qui, de façon souverainement desinteressée et passive, se satisfont de regarder pêcher les pêcheurs; il y a là dans la perception de l'harmonie, ou dans l'abrutissement, une forme de pureté particulière, à laquelle je me suis élevé une ou deux fois. Et je crois alors avoir compris l'une des raisons d'être de la pêche, du moins de cette pêche ataraxique, qui reconduit chaque jour les mêmes hommes au bord d'un même canal; ces hommes voyagent. Soit qu'ils s'échappent en solitaires grâce à ce parfait alibi, soit, tandis que leur famille rumine sur des pliants, qu'ils atteignent de quelque manière le centre idéal en vain poursuivi par les impatients de mon espèce.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;JACQUES&amp;nbsp; REDA&amp;nbsp;&amp;nbsp; [Recommandations aux promeneurs]&lt;/p&gt;
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<title>Comment faire venir la pluie</title>
<link>http://pourlemeilleuretpourlelire.hautetfort.com/archive/2009/11/01/comment-faire-venir-la-pluie.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AME91)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 18:37:55 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;Pas très sérieux, ce soir, me direz-vous?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien, en cette soirée d'un dimanche maussade, j'ai une petite envie de m'amuser et de vous faire sourire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot; On raconte en Perse qu'un jour, par un temps de sécheresse tenace, une délégation vint trouver Nasreddin Hodja pour lui demander s'il connaissait un moyen de faire venir la pluie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-Bien sûr, dit-il, j'en connais un.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-Vite, dis nous ce qu'il faut faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-Nasreddin demanda qu'on lui apportât une bassine pleine d'eau, ce qui fut fait, non sans grande peine. Quand il eut sa bassine, il ôta sa robe et, à l'étonnement de tous, se mit tranquillement à la laver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-Comment, s'écria t-on;nous avons rassemblé toute l'eau qui nous restait et toi, tu t'en sers pour laver ta robe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-Ne vous inquiétez pas, je sais très bien ce que je fais. Il lava sa robe avec minutie puis il dit: il me faut maintenant une seconde bassine d'eau;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;les membres de la délégation crièrent encore plus fort; où trouver cette seconde bassine? Et pour quoi faire; avait-il donc perdu l'esprit?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nasreddin resta calme et obstiné.Je sais très bien ce que je fais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On chercha partout, on pressa l'argile des puits, on vola jusqu'à l'eau des enfants, on apporta enfin la seconde bassine. Nasreddin y trempa sa robe et la rinça soigneusement; les autres regardaient, stupides. Il leur demanda enfin, de l'aider à tordre sa robe,pour bien l'égoutter.Après quoi, il l'apporta dans la petite cour et l'accrocha à un fil, pour la mettre à sécher; presque aussitôt, de gros nuages se formèrent et la pluie tomba largement&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-Voilà, dit posément Nasreddin, c'est chaque fois pareil quand j'étends mon linge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;JEAN-CLAUDE CARRIERE&amp;nbsp;&amp;nbsp; [Le cercle des menteurs ]&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contes philosophiques du monde entier&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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